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Benjamin Franklin

Benjamin Franklin USA

(17 Janvier 1706 à 17 Avril 1790)

Il participe à la rédaction de la déclaration d’indépendance des États-Unis, dont il est un des signataires, ce qui fait de lui l’un des Pères fondateurs des États-Unis. Pendant la révolution américaine, il négocie en France en tant que diplomate non seulement le traité d’alliance avec les Français, mais aussi le traité de Paris. Délégué de la Convention de Philadelphie, il participe à l’élaboration de la Constitution des États-Unis.

Fils d’un marchand de suif et de chandelles, Benjamin Franklin mène une carrière d’imprimeur, avant de se retirer du milieu des affaires à l’âge de 42 ans pour entrer en politique. Son ascension sociale — rapportée à travers les nombreuses éditions de son autobiographie — restera longtemps un exemple de réussite par le travail et la discipline.

Corédacteur avec Thomas Jefferson et signataire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis de 1776, il est l’un des « pères fondateurs des États-Unis ». Le Congrès de l’indépendance le nomme Maître Général des Postes, le charge de faire imprimer timbres et billets (Continental currency dollar), de fabriquer de la poudre à canon tout en veillant à l’organisation militaire. Puis, comprenant l’urgence d’un soutien militaire, il le nomme premier ambassadeur en France. Cette ultime et cruciale ambassade du vieux diplomate roué et chenu en a fait en son temps, de fin 1776 à 1785, le plus célèbre et adulé des Américains auprès d’un public français conquis par l’idée de liberté. Elle est couronnée de succès, car elle convainc d’abord le ministre  Vergennes de renforcer un soutien d’armement et de mercenaires toujours discret, de prêter deux millions de livres, puis en 1780 de donner un véritable appui financier, maritime et terrestre à l’armée américaine et permettre la victoire définitive entre 1781 et 1783 de l’alliance franco-américaine. En découle la création en 1787 de l’État fédéral des États-Unis, présidé par l’officier virginien George Washington, vieil ami de Benjamin Franklin.

Son nom a été donné au Franklin Institut de Pennsylvanie, l’un des plus vieux et prestigieux organismes associatifs américains dévoués à la recherche scientifique.

Ses œuvres :

À partir de 1732, il publie un almanach sous le pseudonyme de Richard Saunders (un astrologue britannique) qui devient simplement le bonhomme Richard ou le pauvre Richard. Il continuera à le publier annuellement durant vingt-cinq ans, sous le titre L’Almanach du Bonhomme Richard (Poor Richard’s Almanack). Franklin publie sous ce pseudonyme des proverbes, des adages et des conseils. Ils sont choisis et souvent adaptés par ses soins :

  • « Il n’y a pas de petits ennemis »
  • « Une seule pomme pourrie gâte ses voisines du panier »
  • « Chat ganté n’attrape pas de souris »
  • « L’école de l’expérience coûte cher, mais les sots n’en connaissent pas d’autres »
  • « Un œuf aujourd’hui vaut mieux qu’une poule demain »

Il apprend aussi plusieurs langues étrangères parmi lesquelles le français, l’allemand, l’espagnol et l’italien. Cet almanach était aussi un recueil de maximes et de textes vantant les progrès de l’industrie et donnant des conseils économiques. La première édition se vend à 10 000 exemplaires.

Il écrit aussi :

  • Mémoires et Œuvres complètes en dix volumes.
  • Augustin-Charles Renouard, Franklin : 1706-1790, dans Les bienfaiteurs de l’Humanité : Études biographiques, Paris : Librairie Paul Ducrocq, 1878, pp.19-59
  • André Maurois, Franklin, la vie d’un optimiste, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1946, 80 pages. Dessin H. Simon.
  • Benjamin Franklin. Un Américain à Paris (1776-1785), Paris-Musées, 2007. Catalogue d’une exposition du musée Carnavalet.
  • Jacques Ahrweiler, Benjamin Franklin, premier savant américain, collection savants du monde entier, éditions Seghers, Paris, 1965, 190 pages.
  • Axel Poniatowski et Cécile MaisonneuveBenjamin Franklin, Paris, Le Grand Livre du Mois, , 348 p. (ISBN 978-2-286-04115-1, notice BnF no FRBNF41248150)
  • Tugdual de Langlais, L’armateur préféré de Beaumarchais Jean Peltier Dudoyer, de Nantes à l’Isle de France, Éd. Coiffard, 2015, 340 p. (ISBN 9782919339280).
  • Correspondance de Benjamin Franklin, Tome 1, 1757-1775 [archive] sur Gallica.
  • La science du bonhomme Richard et Conseils pour faire fortune [archive] sur Gallica (Poor Richard’s Almanack, 1732-1758)
  • Mélanges de morale, d’économie et de politique, extraits des ouvrages de Benjamin Franklin [archive] sur Gallica, par Charles Renouard, 1826.
  • Moi, Benjamin Franklin – Citoyen Du Monde, Homme Des Lumières (The Autobiography of Benjamin Franklin, 1793) Dunod, 2006
  • L’Art de choisir sa maîtresse et autres conseils indispensables, trad. Marie Dupin, Éd. Finitude, 2011 – (ISBN 978-2-912667-95-3)
  • Benjamin Franklin, naissance d’une nation, choix de lettres par Gérald Stehr, TriArtis Éditions, mai 2013 – (ISBN 978-2-916724-49-2)

Le , Benjamin Franklin est élevé au rang de « grand maître de la grande loge maçonnique de Pennsylvanie ».

L’homme de science :

À côté de ses activités d’imprimeur, d’homme politique et de diplomate, Benjamin Franklin conduit après 1750 un grand nombre d’activités scientifiques dont les résultats participent de sa renommée en Europe.

Le souci des autres citoyens au sein des associations philadelphiennes a permis d’accroître son attention sur les transports, la sécurité civile, notamment la lutte contre l’incendie et les catastrophes naturelles. Le pompier bénévole Franklin qui porte seau et couverture, a été étonné par l’embrasement violent qui faisait disparaître les granges et maisons paysannes touchées par la foudre au voisinage de Philadelphie. L’eau pompée et transportée au seau, les couvertures tendues pour récupérer, sans dommages, bien matériel et personnes piégées aux étages n’étaient d’aucune utilité.

Il est particulièrement célèbre pour ses travaux dans le domaine de l’électricité, notamment ses expériences sur l’électricité dans les nuages et son explication de la foudre. En 1750, il rédige le protocole d’une expérience célèbre avec un cerf-volant. Afin de prouver à ses contradicteurs de la Royal Society que les éclairs étaient de simples décharges de nature électrique, il propose de faire voler un cerf-volant dans le passage de nuage orageux. La corde du cerf-volant une fois humidifiée sera mise à distance d’une clef métallique, ainsi devront être libérées des étincelles.

Ces recherches conduisent à l’invention du paratonnerre, dont les premiers exemplaires sont installés sur sa maison, sur l’Independence Hall ainsi que sur l’académie de Philadelphie. Aux recherches sur la nature de l’électricité, on doit par exemple des termes aussi courants que « batterie », « positif », « négatif », « charge », « condenseur (condensateur) », etc.

Ses autres citations :

  •  » Quand il y a mariage sans amour, il y a amour sans mariage.”
  •  » Trois personnes peuvent garder un secret – si deux d’entre elles sont mortes.”
  •  » Il y a bien des manières de ne pas réussir, mais la plus sûre est de ne jamais prendre de risques.”
  •  » Si un homme vide sa bourse dans sa tête, personne ne peut la lui prendre. Un investissement dans le savoir paie toujours les meilleurs intérêts.”
  •  » C’est quand le puits est à sec que nous découvrons toute la valeur de l’eau.”

André Malraux

André Malraux    France

(3 novembre 1901 à 23 novembre 1976)

est un écrivain, aventurier, homme politique et intellectuel français. Essentiellement autodidacte et tenté par l’aventure, André Malraux gagne l’Indochine, où il participe à un journal anticolonialiste et est emprisonné en 1923-1924 pour vol et recel d’antiquités sacrées khmères. Revenu en France, il transpose cette aventure dans son roman La Voie royale publié en 1930, et gagne la célébrité dans la francophonie avec la parution en 1933 de La Condition humaine, un roman d’aventure et d’engagement qui s’inspire des soubresauts révolutionnaires de la Chine et obtient le prix Goncourt.

Militant antifasciste, André Malraux combat en 1936-1937 aux côtés des républicains espagnols. Son engagement le conduit à écrire son roman L’Espoir, publié en , et à en tourner une adaptation filmée Espoir, sierra de Teruel en 1938. Il rejoint la Résistance en  et participe aux combats lors de la Libération de la France. Après la guerre, il s’attache à la personne du général de Gaulle, joue un rôle politique au RPF, et devient, après le retour au pouvoir du général de Gaulle, ministre d’État, ministre de la Culture de 1959 à 1969.

Il écrit alors de nombreux ouvrages sur l’art comme Le Musée imaginaire ou Les Voix du silence (1951) et prononce des oraisons funèbres mémorables comme lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon le  ou lors des funérailles de Le Corbusier le  dans la cour du Louvre, ou de Georges Braque. En 1996, pour le vingtième anniversaire de sa mort survenue le , ce sont les cendres de Malraux qui sont à leur tour transférées au Panthéon.

 

Ses œuvres :

  • 1920 : Des origines de la poésie cubiste, article dans La Connaissance, puis dans Action et des articles sur : Lautréamont et André Salmon.
  • 1921 : Lunes en papier, édité par la galerie Simon (Kahnweiler) Paris, gravures sur bois de Fernand Léger. Ainsi que des textes brefs : Les Hérissons apprivoisés – Journal d’un pompier du jeu de massacre.
  • 1922 : Des lapins pneumatiques dans un jardin français, texte farfelu. Écrit dans Dés des articles sur : Gide, Gobineau, Max Jacob, et préface le catalogue de l’exposition Galanis.
  • 1924 : Écrit pour une idole à trompe textes farfelus donnés en revues et repris dans les Œuvres complètes, vol.1, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade.
  • 1925 : L’Indochine, journal qu’il réalise avec Paul Monin, 29 éditoriaux ; puis après interruption devient : L’Indochine enchaînée, 25 éditoriaux, dernière parution le .
  • 1925 : L’Expédition d’Ispahan, en août sous le pseudonyme de Maurice Saint-Rose.
  • 1926 : La Tentation de l’Occident, chez Grasset.
  • 1927 : Écrit pour un ours en peluche (in-900) – Le voyage aux îles Fortunées (Commerce) – D’une jeunesse européenne dans le livre collectif intitulé : « Écrits », chez Gallimard.
  • 1928 : Les Conquérants, chez Grasset.
  • 1928 : Royaume-Farfelu, chez Gallimard.
  • 1930 : La Voie royale, chez Grasset, prix Interallié (ouvrage présenté comme le 1er volume des Puissances du désert).
  • 1932 : préface de L’Amant de lady Chatterley de D. H. Lawrence.
  • 1933 : La Condition humaine, chez Gallimard, prix Goncourt le  Malraux préface le roman Sanctuaire de William Faulkner.
  • 1935 : Le Temps du mépris, chez Gallimard.
  • 1937 : L’Espoir et, dans la revue Verve son premier texte sur La Psychologie de l’art.
  • 1938 : Espoir, sierra de Teruel, (mise en scène du film) qui sortira en 1945 en France sous le titre de L’Espoir.
  • 1939 : Laclos, étude publiée dans : Tableau de la littérature française.
  • 1941 : Le Règne du Malin, texte inachevé, publication posthume.
  • 1943-1948 : La Lutte avec l’ange, première partie, 1943, Éditions du Haut-Pays à Lausanne (la Gestapo aurait brûlé la suite du manuscrit) ; ce volume sera ensuite retitré Les Noyers de l’Altenburg, 1948, Gallimard, Paris.
  • 1946 : Le Démon de l’Absolu, consacré à T. E. Lawrence, dit Lawrence d’Arabie, dont il publiera un extrait sous le titre N’était-ce donc que cela ?
  • 1946 : Esquisse d’une psychologie du cinéma.
  • 1947 : Les Dessins de Goya au musée du Prado et Le Musée imaginaire, premier tome de la Psychologie de l’art, ouvrage dédié à Madeleine Malraux.
  • 1947 : Romans parution du premier volume de ses Romans dans la bibliothèque de la Pléiade.
  • 1948 : Le Rassemblement, hebdomadaire qu’il crée.
  • 1948 : La Création artistique. Écrit des articles dans Le Rassemblement. Parution de The Case for de Gaulle, qui donne un dialogue entre James Burnham et Malraux.
  • 1949 : Liberté de l’esprit, revue du RPF qu’il crée et à laquelle il collabore, la direction est confiée à Claude Mauriac.
  • 1949 : La Monnaie de l’absolu3e volume de la Psychologie de l’art.
  • 1950-1978 : Saturne et de nombreux articles dans : CarrefourLe RassemblementLa Liberté de l’espritle destin, l’Art et Goya.
  • 1951 : Les Voix du silence, qui est une nouvelle version de La Psychologie de l’art.
  • 1952 : La Statuaire premier tome du Musée imaginaire de la sculpture mondiale, chez Gallimard. Préface de nombreux ouvrages dont : Qu’une larme dans l’Océan de Manès Sperber.
  • 1953 : lettres préface à Chimères ou Réalités.
  • 1954 : Des bas-reliefs aux grottes sacrées et Le Monde chrétien chez Gallimard.
  • 1957 : La Métamorphose des dieux, deviendra le premier volume (Le Surnaturel) de la trilogie qui reprend ce titre (voir plus bas).
  • 1964 : Entre ici…, lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon (repris dans Oraisons funèbres).
  • 1967 : Antimémoires, (première partie du Miroir des Limbes). En 1972 : Antimémoires. Nouvelle édition revue et augmentée.
  • 1971 : Les Chênes qu’on abat… (repris dans La Corde et les Souris).
  • 1971 : Oraisons funèbres (huit oraisons reprises dans Le Miroir des Limbes en 1976) — préface le livre Souvenir à Charles de Gaulle.
  • 1974 : La Tête d’obsidienne (repris dans La Corde et les Souris).
  • 1974 : Lazare (repris dans La Corde et les Souris).
  • 1974 : Le SurnaturelLa Métamorphose des Dieux I (paru en 1957 sous le titre La Métamorphose des Dieux).
  • 1975 : Hôtes de passage (repris dans La Corde et les Souris).
  • 1975 : L’IrréelLa Métamorphose des Dieux II.
  • 1976 : La Corde et les Souris (seconde partie du Miroir des Limbes).
  • 1976 : Le Miroir des limbes (constitué des volumes suivants : I. Antimémoires, II. La Corde et les Souriset Oraisons funèbres), publié en octobre dans la Pléiade.
  • 1976 : L’Intemporel, La Métamorphose des Dieux III.

 

Autres citations :

  • “Juger, c’est de toute évidence ne pas comprendre, puisque si l’on comprenait on ne pourrait plus juger.”
  • “Dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n’est pas absurde, c’est ce que l’on peut faire pour les autres.”
  • “Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas.”
  • “Les hommes ne sont pas mes semblables, ils sont ceux qui me regardent et me jugent ; mes semblables ce sont ceux qui m’aiment et ne me regardent pas, qui m’aiment contre tout, qui m’aiment contre la déchéance, contre la bassesse, contre la trahison, moi et non ce que j’ai fait ou ferai, qui m’aimeraient tant que je m’aimerais moi-même – jusqu’au suicide, compris…”
  • “J’ai vu les démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre le fascisme.”
  • “La mort n’est pas une chose si sérieuse ; la douleur, oui.”
  • “La vérité d’un homme c’est d’abord ce qu’il cache.”
  • “Etrange sensation que l’angoisse : on sent au rythme de son cœur qu’on respire mal, comme si l’on respirait avec le cœur…”
  • “Le plus grand mystère n’est pas que nous soyons jetés au hasard sur la terre. C’est que dans cette prison, nous tirions de nous-mêmes des images assez puissantes pour nier notre néant.”
  • “Le mépris des hommes est fréquent chez les politiques, mais confidentiel.”
  • “J’ai appris qu’une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie.”
  • “Un homme qui pense, non à une femme comme au complément d’un sexe, mais au sexe comme au complément d’une femme, est mûr pour l’amour.”
  • “La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert.”
  • “Les artistes inventent le rêve, les femmes l’incarnent.”
  • “Pour l’intellectuel, le chef politique est nécessairement un imposteur puisqu’il enseigne à résoudre les problèmes de la vie en ne les posant pas.”
  • “L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme.”
  • “La mort est là comme la preuve irréfutable de l’absurdité de la vie.”
  • “Ceux qui croient que le pouvoir est amusant confondent « pouvoir » et « abus de pouvoir. »
  • “L’amitié, ce n’est pas d’être avec ses amis quand ils ont raison, c’est d’être avec eux même quand ils ont tort.”
  • “Les hommes unis à la fois par l’espoir et par l’action accèdent, comme les hommes unis par l’amour, à des domaines auxquels ils n’accéderaient pas seuls.”
  • “La culture nous apparaît d’abord comme la connaissance de ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers.”
  • “Il faut soixante ans pour faire un homme, et après il n’est bon qu’à mourir.”
  • “Commencer par exposer solidement le point de vue de l’adversaire, c’est lui enlever déjà beaucoup de force.”

 

John Maynard Keynes

John Maynard Keynes Angleterre

(5 Juin 1883 à 21 Avril 1946)

 est un économiste, haut fonctionnaire et essayiste britannique. Sa notoriété est mondiale. Il est le fondateur de la macroéconomie keynésienne. Le keynésianisme, la nouvelle économie keynésienne, le néokeynésianisme ou le post-keynésianisme sont issus de son œuvre. Considéré comme l’un des plus influents théoriciens de l’économie du xxe siècle1, il fut, en tant que conseiller officiel ou officieux de nombreux hommes politiques, l’un des acteurs principaux des accords de Bretton Woods, après la Seconde Guerre mondiale.

Il a aussi été très jeune un auteur à succès, avec l’écriture d’un livre sur le traité de Versailles intitulé Les Conséquences économiques de la paix, publié en 1919, et la rédaction d’articles pour des journaux et revues. Sa première somme théorique fut le Traité sur la monnaie. Mais son œuvre majeure est sans conteste la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936). Ce livre, après d’autres, s’en prend à la loi de Say, un des fondements du laissez-faire.

 

Ses œuvres :

Keynes a écrit de nombreux livres et articles. Aussi est-il intéressant de présenter à la fois une sélection de ses travaux et une liste complète. Notons que Donald Moggridge a édité les œuvres complètes de Keynes disponibles dans certaines bibliothèques universitaires. Sa personne et son œuvre ont fait l’objet de nombreux travaux. Les principaux articles et études consacrés à Keynes de 1936 à 1981 ont été regroupés dans un recueil comprenant 150 contributions

Ses atouts :

La force de John Maynard Keynes réside dans le fait qu’à la différence de ses prédécesseurs, il élabore une théorie nouvelle ainsi que les outils conceptuels nécessaires à la mise en place de politiques économiques alternatives.  La crise économique de 2008-2009 a semblé marquer un regain d’intérêt pour sa pensée, tant dans la version sociale libérale de la nouvelle économie keynésienne que dans des versions plus hétérodoxes, telles que le post-keynésianisme ou encore, en France, l’économie des conventions.

 

Ses autres citations :

  •  » Nous pouvons dire que la courbe de l’efficacité marginale du capital gouverne les conditions auxquelles on demande des fonds à placer pour de nouveaux investissements et que le taux de l’intérêt gouverne les conditions auxquelles ces fonds sont offerts à chaque moment. Pour compléter notre théorie, il nous faut donc savoir quels sont les facteurs qui déterminent le taux de l’intérêt. » (Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, livre XIII).
  • « Nous pouvons admettre, en règle générale, que la courbe de la préférence pour la liquidité unissant la quantité de monnaie au taux de l’intérêt est une ligne régulière le long de laquelle le taux de l’intérêt fléchit à mesure que la quantité de monnaie augmente. » (Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, livre XIIII).
  • « Il est certain que le non spécialiste – banquier, fonctionnaire, homme public – nourri de la théorie traditionnelle, autant que l’économiste consommé, vivent dans l’idée que, chaque fois qu’un individu accomplit un acte d’épargne, il fait une chose qui abaisse automatiquement le taux de l’intérêt, que cette baisse stimule automatiquement la création du capital, que le taux de l’intérêt baisse autant qu’il faut pour que la production additionnelle de capital soit égale à l’accroissement de l’épargne et qu’en outre il s’agit là d’un phénomène auto-régulateur qui assure l’égalité des deux facteurs sans qu’il soit besoin d’intervention spéciale ou de soins maternels de la part de l’autorité monétaire. De même, – et cette idée est encore plus répandue, même aujourd’hui – tout acte supplémentaire d’investissement ferait nécessairement monter le taux de l’intérêt s’il n’était compensé par une variation de la disposition à épargner. » (Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, livre XIV).
  • « Un grave défaut de la Théorie Quantitative lorsqu’on l’applique aux faits, c’est qu’elle ne distingue pas dans les variations des prix celles qui proviennent des variations de la production et celles qui proviennent des variations de l’unité de salaire 2. Peut-être cette omission peut-elle s’expliquer par la double hypothèse qu’il n’y a jamais de propension à thésauriser et qu’il y a toujours plein emploi. Dans ce cas Q est constant et M2 est nul ; il s’ensuit que, si on peut aussi considérer V comme constant, l’unité de salaire et le niveau des prix sont l’un et l’autre directement proportionnels à la quantité de monnaie. » (Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, livre XV).
  • «Étant donné la psychologie du public, le montant de la croissance et de l’emploi dépendent de l’investissement (…) mais ce sont les facteurs qui déterminent ce niveau d’investissement, qui subissent l’influence de nos opinions quant à cet avenir dont nous avons une connaissance si limitée»

Bouddha

Par Joe Bennett de Melbourne, Australia

Bouddha Sri Lanka

(-563 à -480)

Le fondateur du bouddhisme est nommé Siddhārtha Gautama ; Siddhārtha est donné comme son nom personnel, mais il s’agit probablement d’un surnom tardif. Gautama, attesté sans conteste, est probablement son gotta, mais certains y voient l’appellation « fils de Dame Gautami », du gotta de celle qui l’aurait élevé à la mort de sa mère5. Il est encore appelé Gautama Bouddha, ou Shākyamuni (sage des Shakya) en raison de son appartenance à ce clan. Il porte de plus de nombreuses épithètes2, comme Tathāgata, « celui qui est venu ainsi » [prêcher la bonne Loi]. Le titre de Bouddha lui fut accordé par ses disciples.

Le bouddhisme est devenu pour certains(es) une religion, mais est plus considéré comme une philosophie de vie.

 

Communauté spirituelle :

Durant les quarante-cinq dernières années de sa vie, Bouddha voyage dans la région du Gange et de ses affluents. Il enseigne sa pratique méditative et fonde la communauté des moines et nonnes bouddhistes, le sangha, afin que ses enseignements se perpétuent après sa disparition. Son école bénéficie généralement du soutien des rois de Magadha et survit à une première tentative de schisme de la part de Devadatta.

Sentant sa mort venir, il demande à son disciple Ananda de lui préparer un lit entre deux sals et décède à Kusinara dans l’actuel Uttar Pradesh, à l’âge de quatre-vingts ans. Il rassure le forgeron Chunda qui lui a offert son dernier repas et s’inquiète, au vu des symptômes, d’avoir peut-être intoxiqué l’ascète. Le nom du plat servi, sūkaramaddavam, se composerait de « porc » (sūkara) et « délice » (maddavam), mais sa nature exacte, porc ou champignons (délice des porcs), reste inconnue. En tout état de cause, si le végétarisme est un idéal bouddhiste, les moines et nonnes, qui mendient leur nourriture, sont encouragés à accepter toutes les offres qui leur sont faites, mêmes carnées8.

Il s’installe en parinirvana dans la forêt afin de parachever sa libération.

Les derniers mots du Bouddha sont : « L’impermanence est la loi universelle. Travaillez avec diligence à votre propre salut. »

 

Ses autres citations :

  • Rester en colère, c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez.
  • Soyez votre propre lampe, votre île, votre refuge. Ne voyez pas de refuge hors de vous-même.
  • Il y a quatre pensées illimitées : l’amour, la compassion, la joie et l’égalité d’âme.
  • Il n’existe pas de feu comparable à la passion, de désordre égal à la haine, de malheur tel que l’existence individuelle, de bonheur supérieur à la quiétude.
  • Entre le ciel et la terre, il n’y a qu’une demeure temporaire.
  • Développe un esprit qui soit vaste comme l’espace, où les expériences agréables et désagréables peuvent apparaître et disparaître sans conflit, lutte ou douleur. Demeure dans un esprit vaste comme le ciel.
  • L’esprit est difficile à maîtriser et instable. Il court où il veut. Il est bon de le dominer. L’esprit dompté assure le bonheur.
  • L’esprit instable et dispersé, ignorant la vraie doctrine, aimant la flatterie, ne sera jamais mûr pour la sagesse.
  • C’est par la foi que l’on peut traverser les courants. Et c’est par la sagesse que l’on obtient la pureté.

Edmond de Goncourt

Edmond de Goncourt

Edmond de Goncourt – France

(26 mai 1822 – 16 juillet 1896)

écrivain français, fondateur de l’Académie Goncourt qui décerne chaque année le prix du même nom. Une partie de son œuvre fut écrite en collaboration avec son frère, Jules de Goncourt. Les ouvrages des frères Goncourt appartiennent au courant du naturalisme.

Alors que l’œuvre de fiction des Goncourt est relativement peu lue aujourd’hui, le Journal reste un témoignage intéressant sur la deuxième partie du XIX siècle.

Jusqu’à sa mort en 1870, Jules est le principal auteur du Journal, poursuivi ensuite par Edmond, resté seul. Sous-titré Mémoires de la vie littéraire, il se compose d’un ensemble de notes, généralement brèves, prises au jour le jour.

Ses œuvres :

  • La Fille Élisa (1877) (dont s’est inspiré Roger Richebé pour le film Élisa)
  • Les Frères Zemganno, Paris, Nelson Éditeurs,   (Wikisource) ─ L’édition originale a paru en 1879
  • La Maison d’un Artiste tome 1 (1881)
  • La Maison d’un Artiste tome 2 (1881)
  • La Maison d’un artiste, la collection d’art japonais et chinois [archive]. Réédition commentée par Geneviève Lacambre. Éditions À Propos [archive], 2018. 320 p. (ISBN 9782915398199)
  • La Faustin (1882)
  • Chérie (1884) 

Ses autres citations :

  • En ce bas monde, la guerre ne finira pas par un accès de sensibilité, par un coup de cœur de l’humanité, mais bien par la cherté de la main-d’œuvre de la mort, par le coût des coups de canon à 300 francs.
  • Il faut prendre garde de confondre le canaille avec le commun: le canaille est toujours plus distingué.
  • Dans un livre, les auteurs doivent être comme la police: ils doivent être partout et ne jamais se montrer.
  • Chaque fois que je perds du poids, je m’aperçois avec horreur que quelqu’un a profité de la nuit pour m’en remettre.
  • Les croyants sont très reconnaissants à Dieu d’avoir donné aux organes génitaux de la femme vivante l’odeur qu’il ne donne à la crevette que huit jours après sa mort.

Aldous Huxley

Aldous Huxley

Aldous Huxley – Royaume Uni

(26 juillet 1894 – 22 novembre 1963)

écrivain, romancier et philosophe britannique, membre de la famille Huxley. Il est diplômé du Balliol College de l’Université d’Oxford avec une mention très bien en littérature anglaise.

Auteur de près de cinquante ouvrages, il est surtout connu pour ses romans, dont Le Meilleur des mondes roman d’anticipation dystopique ; pour des ouvrages non romanesques, comme Les Portes de la perception qui retrace les expériences vécues lors de la prise de drogue psychédélique ; et pour un large éventail d’essais. Au début de sa carrière, Huxley a dirigé le magazine Oxford Poetry et publié des nouvelles et des poésies.

Au milieu de sa carrière et plus tard, il a publié des récits de voyage et des scénarios cinématographiques. Il a passé la dernière partie de sa vie aux États-Unis, vivant à Los Angeles de 1937 jusqu’à sa mort. En 1962, un an avant sa mort, il est élu Compagnon de littérature par la Royal Society of Literature.

Huxley était humaniste, pacifiste et satiriste. Il s’est également intéressé à des sujets spirituels tels que la parapsychologie et le mysticisme philosophique, en particulier l’universalisme. Vers la fin de sa vie, Huxley fut largement reconnu comme l’un des intellectuels prééminents de son temps. Il a été nommé sept fois pour le Prix Nobel de littérature

Œuvres principales :

  • Contrepoint (1928)
  • Le Meilleur des mondes (1932)
  • Les Diables de Loudun (1952)
  • Le Ciel et l’Enfer (1956)

Autres citations :

  • J’aimerais mieux être malheureux que de connaître cette espèce de bonheur faux et menteur. (Le meilleur des mondes)
  • Qu’est-ce que j’éprouverais si je le pouvais, si j’étais libre, si je n’étais pas asservi par mon conditionnement ? (Le meilleur des mondes)
  • La plupart des êtres humains ont une capacité infinie à tout prendre pour acquis.
  • Le remords chronique, tous les moralistes sont d’accord sur ce point, est un sentiment fort indésirable. (Le meilleur des mondes)
  • La civilisation n’a pas le moindre besoin de noblesse ou d’héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d’incapacité politique.
  • Un livre sur l’avenir ne peut nous intéresser que si les prophéties ont l’apparence de choses dont la réalisation peut se concevoir.

Neville Goddard

Neville Goddard

Neville Goddard – USA USA

(1905 – 1972)

Il commence une carrière dans le théâtre. mais au fur et a mesure de ses rencontres il se tourne vers la métaphysique et la religion. Il rencontre Abdullah, un juif éthiopien qui l’initie à la kabbale.

Il écrit des livres et réalise des conférences publiques, radios ou à la télévision.

Publications :

  • Ressentir… Voilà le secret !  (2013)
  • The power of awarness (2012)
  • La Prière ou l’art de croire (2013)
  • How to manifest your desires: The Neville Method
  • A vos Ordres ! (2013)

André Comte-Sponville

 

 
André Comte-Sponville

André Comte Sponville 2014

André Comte-Sponville –  France

(12 mars 1952)

philosophe français, il est membre du Comité consultatif national d’éthique de 2008 à 2016. Il a été enseignant agrégé, maître de conférence, essayiste et conférencier. Il a beaucoup écrit ou participer à des essais, des entretiens philosophiques, études ou contribution à des ouvrages, et surtout s’est attardé à la sagesse avec ses traités.

Traités de sagesse :

  • Traité du désespoir et de la béatitude, PUF.
    • Tome 1, Le mythe d’Icare, 1984.
    • Tome 2, Vivre, 1988.
  • Une éducation philosophique, PUF, 1989.
  • L’Amour la solitude, Paroles d’Aube, 1992.
  • Petit Traité des grandes vertus, PUF, 1995.
  • L’Être-temps, PUF, 1999.
  • Le Gai Désespoir, Alice Éditions, Liège, 1999.
  • Chardin ou La matière heureuse, Adam Biro, 1999.
  • Le Bonheur, désespérément, Pleins Feux, 2000.
  • La Vie humaine, Hermann, 2005.
  • Le Sexe ni la mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité, Albin Michel, 2012.
  • Du tragique au matérialisme (et retour), PUF, 2015.

 

Autres citations :

    • Nous n’avons besoin de morale que faute d’amour.
    • L’essentiel, c’est de ne pas mentir, et d’abord de ne pas se mentir. Ne pas se mentir sur la vie, sur nous-mêmes, sur le bonheur.
    • L’essentiel ? La liberté de tous, la dignité de chacun, et les droits, d’abord, de l’autre.
    • Qu’on se le dise la jalousie est un zèle égoïste et malheureux.
    • On n’échappe pas à l’ego ; on n’échappe pas au principe de plaisir. Mais trouver son plaisir dans le service d’autrui, trouver son bien-être dans l’action généreuse, loin que cela récuse l’altruisme, c’est sa définition même et le principe de la vertu.

Stendhal

Stendhal

Henri Beyle, alors consul de France.

Stendhal – France

(23 janvier 1783 – 23 mars 1842)

de son vrai nom Henri Beyle est un écrivain français, réputé pour la finesse d’analyse des sentiments de ses personnages et pour la sécheresse délibérée de son style. Stendhal a dû choisir son pseudonyme en hommage à Johann Joachim Winckelmann, fondateur de l’archéologie moderne, qui est né à Stendal en Saxe-Anhalt (Allemagne).

Il a participé aux guerres de la Révolution et de l’Empire comme officier de dragons et comme intendant militaire.

Stendhal aurait voulu consacrer sa vie à la rêverie, à la « chasse au bonheur », aux arts et à l’amour ; bien malgré lui, il a eu une vie mouvementée. Après la mort d’une mère trop aimée, il souffre d’une enfance étouffante à Grenoble auprès d’un père qu’il méprise et d’un grand-père qu’il adore. Il trouve refuge dans la littérature avant de partir de Grenoble, en 1799, pour aller étudier à Paris. En réalité, il s’est découvert une vocation, et abandonne ses études : il veut être comic bard, il rêve d’écrire des comédies.

Œuvres principales :

  • Le Rouge et le Noir (roman, 1830)
  • Lucien Leuwen (roman, 1834, inachevé)
  • La Chartreuse de Parme (roman, 1839/1841)

Autres citations :

  • La beauté n’est que la promesse du bonheur.
  • La seule excuse de Dieu, c’est qu’il n’existe pas.
  • L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain.
  • Il est difficile de ne pas s’exagérer le bonheur dont on ne jouit pas.
  • Il suffit d’un très petit degré d’espérance pour causer la naissance de l’amour.

Albert Einstein

Albert Einstein 1947

Albert Einstein 1947

Albert Einstein – Drapeau de l'Empire allemand Drapeau de la république de Weimar Allemand (1879-1896 et 1919-1933)
Apatride (1896-1901)

Drapeau de la Suisse Suisse (1901-1955)

Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autrichien (1911-1912)

Drapeau des États-Unis Américain (1940-1955)

publie sa théorie de la relativité restreinte en 1905 et sa théorie de la gravitation dite relativité générale en 1915. Il contribue largement au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie, et reçoit le prix Nobel de physique de 1921 pour son explication de l’effet photoélectrique. Son travail est notamment connu du grand public pour l’équation E=mc2, qui établit une équivalence entre la masse et l’énergie d’un système.

Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands scientifiques de l’histoire, et sa renommée dépasse largement le milieu scientifique. Il est la personnalité du xxe siècle selon l’hebdomadaire Time. Dans la culture populaire, son nom et sa personne sont directement liés aux notions d’intelligence, de savoir et de génie.

Après avoir fui l’Allemagne nazie, Einstein découvre, pendant son exil américain, l’ampleur de la discrimination raciale aux États-Unis. Vivant au milieu de la communauté noire de Princeton, il observe de près la ségrégation et s’investit au quotidien pour que les enfants noirs aient accès à la connaissance.

Autres citations :

  • Dieu ne joue pas aux dés.
  • Tomber amoureux n’est pas du tout la chose la plus stupide que font les gens — mais la gravitation ne peut en être tenue pour responsable.
  • Pour châtier mon mépris de l’autorité, le destin a fait de moi une autorité.
  • L’homme et sa sécurité doivent constituer la première préoccupation de toute aventure technologique.